Affichage des prix en salon de coiffure et en institut de beauté : ce que la vitrine doit montrer

Vitrine de salon de coiffure avec tarif des prestations affiché côté rue

Un salon du centre de Montpellier nous a commandé sa vitrophanie en juillet. Trois couleurs, un logo, deux photos, et le tarif relégué sur une feuille A4 scotchée derrière la vitre, en bas à droite. Le tarif, c’est pourtant la seule chose que la vitrine d’un salon doit obligatoirement montrer. Le reste est du décor.

Coiffure : dix prix dehors, la carte complète à la caisse

Le texte applicable est l’arrêté du 27 mars 1987 relatif à la publicité des tarifs de coiffure, toujours en vigueur au 19/08/2026 selon Légifrance. Il tient en deux articles et il est beaucoup plus précis que ce que la profession en retient.

Article 1 : le salon affiche, visiblement de l’extérieur, au moins dix prix toutes taxes comprises des prestations les plus courantes. Salon hommes ou salon dames, dix prix suffisent. Salon mixte, il en faut vingt, dix pour chaque clientèle. Les forfaits qui regroupent au moins deux prestations doivent faire apparaître le détail de ce qu’ils contiennent. Et le même tarif doit être affiché à l’intérieur, au point de paiement.

Article 2 : à la caisse, à la vue de la clientèle, une carte reprenant la liste complète des prix TTC, avec des exemplaires mis à disposition des clients. Dix prix en vitrine, tout le reste au comptoir. Beaucoup de salons ont l’un ou l’autre, rarement les deux.

Institut de beauté : le texte jumeau, du même jour

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Le 27 mars 1987, le même ministère a signé un second arrêté, celui relatif à la publicité des tarifs des prestations d’esthétique corporelle. Il est en vigueur lui aussi, et sa mécanique est identique à une nuance près.

Dix prix TTC minimum affichés de manière visible de l’extérieur, les forfaits détaillés, et la liste intégrale des prestations affichée à l’intérieur, visible et lisible au lieu de paiement, avec des exemplaires imprimés à disposition. La nuance : sur le panneau de vitrine doit figurer une mention indiquant au client qu’une liste complète existe à l’intérieur. C’est une ligne de texte, elle passe à la trappe neuf fois sur dix.

Rien n’oblige à retenir les dix mêmes prestations que le voisin : le critère du texte, ce sont les prestations les plus couramment pratiquées dans l’établissement. Un institut qui fait 60 % de son chiffre en épilation et affiche dix prix de soins du visage passe à côté.

Les deux affichages que personne ne réclame et qui sont obligatoires

Premier oubli, la note. L’arrêté n° 83-50/A du 3 octobre 1983 impose la délivrance d’une note dès que la prestation atteint 25 € TTC, facultative en dessous mais due si le client la demande. Son article 2 ajoute une obligation d’affichage rarement respectée : les conditions dans lesquelles la note est obligatoire ou facultative doivent être rappelées à la clientèle par un affichage lisible au lieu où s’exécute le paiement. Une plaquette de comptoir, une plaque gravée, un cadre A5 au mur de la caisse. C’est peu de chose et ça manque presque partout.

Deuxième point, le prix lui-même. L’arrêté du 3 décembre 1987 relatif à l’information du consommateur sur les prix impose que toute information sur un prix corresponde à la somme totale à payer, toutes taxes comprises, en euros. Pas de « à partir de » sans prix, pas de prix hors taxes, pas d’astérisque qui renvoie à une condition en corps 6. Le socle, c’est l’article L112-1 du code de la consommation : informer le consommateur sur les prix par voie de marquage, d’étiquetage, d’affichage ou par tout autre procédé approprié.

Le manquement expose à une amende administrative pouvant atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.

Obligation Salon de coiffure Institut de beauté
Prix affichés visibles de l’extérieur 10 minimum, 20 en salon mixte 10 minimum
Détail des forfaits Oui, prestations composant le forfait Oui, prestations composant le forfait
Tarif à l’intérieur Le même tarif, au point de paiement Liste intégrale, au point de paiement
Carte ou liste complète remise au client À la caisse, exemplaires disponibles Exemplaires imprimés disponibles
Mention de renvoi vers la liste complète Non prévue par le texte Oui, sur le tarif de vitrine
Affichage sur la délivrance de la note Oui, au lieu de paiement Oui, au lieu de paiement

Le format qui reste lisible depuis le trottoir

Un tarif de vitrine se lit debout, à un mètre cinquante de la vitre, souvent en plein soleil et avec les reflets de la rue d’en face. Aucun texte ne fixe de hauteur de caractères pour un tarif. Le seul repère chiffré disponible vient d’ailleurs, de l’accessibilité des ERP neufs, où l’arrêté du 20 avril 2017 retient 15 mm minimum pour une information d’orientation et 4,5 mm pour les autres informations. En atelier, on ne descend pas en dessous de 12 mm de hauteur de capitale pour une ligne de tarif, et on monte à 20 mm pour la prestation d’appel.

Côté fabrication, trois solutions selon la fréquence de mise à jour. Le lettrage découpé dans un film polymère coulé, appliqué au dos de la vitre, tient le mieux et se retire proprement, mais chaque changement de prix demande une nouvelle découpe. L’impression sur film blanc avec lamination, contrecollée sur une plaque de PVC expansé de 3 mm posée dans un cadre à glissière, permet de changer la plaque en trente secondes. Le porte-affiche vertical, enfin, pour ceux qui remanient leur carte deux fois par an, avec un tirage sur papier couché protégé par un film anti-UV, la même logique que pour les vitrines d’agence immobilière et leurs formats de lecture réels.

Le piège du plein sud, c’est la décoloration : sur une vitrine exposée, un tirage bureautique perd ses magentas en un été et le tarif devient gris sur gris. Encres UV ou latex, lamination, et si la vitrine chauffe vraiment, on regarde aussi les films de protection solaire pour vitrine de boutique.

Ce qu’on nous demande souvent et qu’on déconseille

Le QR code à la place du tarif. La demande revient chaque mois : un joli sticker rond sur la vitre, le client scanne, il tombe sur la page de réservation en ligne. Techniquement c’est propre. Réglementairement, ça ne remplit pas l’obligation, parce que le texte demande des prix affichés visiblement de l’extérieur, pas un renvoi vers un support qui suppose un téléphone, du réseau et une manipulation. Le QR code en complément, oui. À la place, non.

L’écran vidéo qui fait défiler les prestations pose le même problème. Un prix qui passe quatre secondes toutes les deux minutes n’est pas un prix affiché en continu, et l’écran s’éteint la nuit et pendant les congés, au moment précis où les passants regardent la vitrine.

Dernier cas, le tarif imprimé chez soi et scotché de l’intérieur. Trois mois plus tard le scotch a jauni, la feuille gondole avec la condensation du matin, et les prix ont été corrigés au stylo. Un prix raturé à la main reste un prix affiché : il engage le salon.

Un panneau « les prix varient selon la longueur des cheveux » suffit-il ?

Non. Cette mention peut compléter un tarif, elle ne le remplace pas : le texte demande des prix, pas une fourchette implicite. La pratique courante consiste à afficher un prix pour cheveux courts et un prix pour cheveux longs, ce qui fait deux lignes de tarif sur les dix exigées.

Faut-il refaire toute la vitrine à chaque augmentation ?

Non, si le support a été pensé pour. Un cadre à glissière ou un système de plaques indépendantes par famille de prestations permet de ne changer que la plaque concernée. Un lettrage découpé collé sur la vitre, lui, se dépose entièrement.

Les prestations à domicile sont-elles concernées ?

Sans local ouvert au public, il n’y a pas de vitrine à équiper, mais l’obligation d’information sur les prix issue du code de la consommation demeure, comme la note à partir de 25 €. Sur un cas particulier, la réponse relève d’un conseil juridique.

Pour un relevé de vitrine, envoyez une photo prise depuis le trottoir d’en face et votre carte de prestations à jour à contact@appliquesarl.com. On renvoie une proposition de format, de hauteur de caractères et de support, avec un devis. Le même travail que celui décrit pour l’affichage des prix en garage et en centre de contrôle technique, avec d’autres textes derrière.

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