Signalétique de marché et de halle : numéroter, afficher, remonter chaque semaine

Étal de primeur sur un marché de plein air avec écriteaux de prix et mention d'origine

Le marché, c’est le seul commerce qui se monte et se démonte cinquante-deux fois par an. Tout ce qu’on y pose encaisse le camion, le vent, la pluie de mars et la balayeuse du soir. Une halle couverte, c’est l’inverse : du permanent, des piliers, des emplacements qui portent le même numéro depuis quarante ans et des noms de commerçants qui changent tous les deux ans.

Deux chantiers différents dans le même dossier. Avant de parler support, il faut savoir ce que les textes obligent à écrire sur un étal.

Ce qu’un étal doit afficher

La base sur les prix vient de l’article L112-1 du code de la consommation et de l’arrêté du 3 décembre 1987. Pour les produits vendus au détail et exposés à la vue du public, le prix se marque par écriteau ou étiquette, indiqué sur le produit ou à proximité, sans incertitude sur le produit auquel il se rapporte, et parfaitement lisible. Toutes taxes comprises, en euros. Le manquement expose à une amende administrative allant jusqu’à 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une société (article L131-5 du code de la consommation).

Précision de vocabulaire, aux conséquences pratiques : un marché hebdomadaire d’approvisionnement n’est pas une vente au déballage. Celle-ci, définie à l’article L310-2 du code de commerce, suppose une déclaration préalable au maire et ne peut excéder deux mois par année civile sur un même emplacement. Le vide-grenier et la foire relèvent de ce régime. L’étal du primeur du jeudi matin, non : il tourne sous le règlement municipal.

Origine, catégorie, allergènes

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Sur les fruits et légumes, le texte de référence a changé et beaucoup de pancartes n’ont pas suivi. Depuis le 1er janvier 2025, les normes de commercialisation relèvent du règlement délégué (UE) 2023/2429, qui a remplacé le règlement (UE) n° 543/2011. Le pays d’origine reste obligatoire et s’écrit en entier, pas en code ni en drapeau. L’obligation s’étend désormais aux fruits secs, aux noix et aux bananes mûres.

La catégorie, la variété ou le calibre ne sont exigés que pour les produits soumis à une norme spécifique : pomme, poire, fraise, kiwi, pêche, nectarine, raisin de table, agrumes, poivron doux, tomate, certaines salades. Pour le reste, l’écriteau peut s’en tenir au produit, au prix et au pays.

Côté allergènes, le règlement (UE) n° 1169/2011 et le décret n° 2015-447 du 17 avril 2015, applicable depuis le 1er juillet 2015, imposent pour les denrées non préemballées une information écrite, accessible sans que le client ait à la demander : soit à proximité de la denrée, soit par l’indication des modalités pour y accéder directement et librement. Un panneau qui renvoie à un classeur consultable sur l’étal remplit cette seconde option. Le traiteur, le fromager et le rôtisseur du marché sont concernés au même titre qu’un commerce alimentaire sédentaire.

Mention Ce que le texte impose Format qui marche sur un étal
Prix des produits exposés Écriteau ou étiquette, TTC en euros, sans ambiguïté sur le produit Écriteau PVC expansé 3 mm, chiffres de 4 cm minimum
Pays d’origine des fruits et légumes Obligatoire, nom du pays écrit en entier Même écriteau que le prix, jamais une ligne séparée
Catégorie, variété, calibre Seulement pour les produits sous norme spécifique Bandeau bas de l’écriteau, caractères plus petits
Allergènes, denrées non préemballées Information écrite, sans demande du client Panneau de renvoi + classeur plastifié sur le stand
Numéro d’emplacement Fixé par le règlement du marché arrêté par le maire Plaque gravée en halle, peinture ou clou au sol dehors
Carte d’activité commerciale ambulante À détenir hors commune de domiciliation, à présenter au contrôle Rien à afficher, elle reste dans le camion

Numéroter des emplacements, côté commune

Le cadre est à l’article L2224-18 du CGCT : création, transfert ou suppression d’une halle par délibération du conseil municipal, après consultation des organisations professionnelles qui disposent d’un mois pour rendre leur avis. Le régime des droits de place se définit conformément à un cahier des charges ou à un règlement établi par l’autorité municipale. C’est ce document qui fixe la numérotation, les limites d’emplacement et les horaires de montage. On le lit avant de dessiner.

La numérotation n’est pas décorative. L’article L2224-18-1 permet au titulaire d’une autorisation de présenter un successeur au maire, sous réserve d’une durée d’exploitation fixée par le conseil municipal dans la limite de trois ans. Un emplacement mal identifié devient un litige de subrogation. On grave, on ne colle pas.

Sous halle, on part sur du stratifié gravé 1,6 mm vissé sur les piliers ou en applique sur les allèges, doublé d’un porte-étiquette interchangeable pour le nom du commerçant. La plaque du numéro ne bouge jamais, l’étiquette du nom se change en trente secondes. En plein air, le numéro se peint au sol ou se pose en clou de marquage : l’adhésif de sol, excellent sur béton lissé, ne tient pas trois semaines sur un enrobé rugueux balayé chaque semaine.

Ce qui survit au démontage hebdomadaire

Le vrai test n’est pas la pluie, c’est le rangement. Un panneau qui voyage à plat entre deux caisses se raye, un panneau debout dans le camion se voile. Le PVC expansé 3 mm reste imbattable pour les écriteaux de prix, léger et remplaçable à faible coût, mais il casse net s’il prend un angle. Pour ce qui sert plusieurs saisons, alu composite 3 mm : plus lourd, insensible au voile, il encaisse le chargement.

Sur les banderoles, l’ennemi est le pli. Une bâche pliée toutes les semaines finit par craqueler à l’encre le long des marques, quel que soit le procédé. On livre donc avec un tube d’enroulement, ourlets soudés et œillets rapprochés, et on cale la lecture sur une pose tendue aux quatre coins. Une impression latex ou UV laminée tient largement une saison de plein air sous le soleil de l’Hérault. La même bâche sans lamination passe en trois mois.

Pour le repère vertical du stand, un mât à pied lesté et une toile en polyester léger valent mieux qu’un kakémono d’intérieur sorti dehors. La toile souple laisse passer la rafale, un enrouleur rigide fait voile et part au premier coup de vent marin.

Ce qu’on nous demande et qu’on refuse

Demande numéro un : une grande banderole d’entrée de halle avec le nom de chaque commerçant. Elle est belle six mois, puis un banc part à la retraite et il faut tout refaire. On propose un cadre fixe avec des inserts individuels, remplaçables à l’unité.

Demande numéro deux : coller les numéros d’emplacement en adhésif sur le parking du marché de plein air. Sur enrobé, l’adhésif n’a pas de surface lisse pour accrocher, les pneus des camions de montage le décollent par les bords et la balayeuse finit le travail. Peinture routière au pochoir, ou clous de marquage si le sol est en mauvais état.

Demande numéro trois : les prix en lettres adhésives sur la vitrine réfrigérée. Le froid et la condensation font lâcher la colle en quelques semaines, et le prix bouge tous les mois. Écriteaux amovibles piqués dans le produit, ou ardoises, et l’adhésif réservé au nom de la maison.

Questions fréquentes

Faut-il afficher son nom et son numéro de SIRET sur le stand ?

Aucun texte n’impose de les placarder sur l’étal. La carte permettant l’exercice d’une activité commerciale ambulante est exigée pour travailler hors de la commune de domiciliation, et elle se présente aux agents de contrôle. Le règlement du marché peut, lui, imposer un affichage de l’enseigne : c’est le document à lire.

L’origine doit-elle figurer en aussi gros que le prix ?

Le règlement européen impose la mention du pays d’origine sans fixer lui-même une taille de caractères. En pratique, les contrôles se font sur la lisibilité réelle depuis la position du client, et une origine deux fois plus petite que le prix passe mal. On la compose sur la même ligne que le prix, ce qui règle la question.

Quelle hauteur de caractères pour un écriteau de prix ?

On raisonne en distance de lecture : environ 1 cm de hauteur de caractère par mètre de recul. Un client qui lit à trois mètres de l’étal a besoin de chiffres de 3 cm. Sur un marché bruyant et encombré, on monte à 4 ou 5 cm, quitte à réduire le texte descriptif.

Un marché se chiffre sur plan : nombre d’emplacements, longueur d’allée, points d’entrée, et la liste des bancs qui bougent chaque année. Envoyez-nous le règlement du marché et le plan de la halle, on vous fait un devis séparant le permanent gravé et les inserts à remplacer. contact@appliquesarl.com.

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