Le 11 août, une régie de piscine municipale nous appelle en pleine vidange technique. Le règlement intérieur affiché à l’entrée datait de 2011, le panneau des profondeurs avait viré au rose, et personne ne savait dire quel texte imposait quoi. On refait des panneaux parce qu’ils sont illisibles, presque jamais parce qu’on a rouvert la liste de ce qui doit y figurer.
Les deux obligations d’affichage du code du sport
Elles tiennent chacune en une phrase, et ce sont les seules qui visent explicitement un support accroché au mur. La première, c’est l’article D322-17 du code du sport. Il vise les établissements de baignade d’accès payant : piscine municipale, centre aquatique privé, bassin d’un camping dont l’accès est facturé.
Tout établissement mentionné à l’article D. 322-12 doit comporter, en un lieu visible de tous, une mention des diplômes et titres des personnes assurant la surveillance ainsi qu’un extrait du plan d’organisation de la surveillance et des secours.
Deux contenus dans une phrase, deux panneaux dans la vraie vie. Le premier liste les titres des maîtres nageurs sauveteurs en poste et des titulaires du brevet national de sécurité et de sauvetage aquatique qui les assistent. Il bouge à chaque saison, parfois à chaque remplacement. Ça change tout pour le choix du support.
La seconde obligation porte sur le POSS. Les articles A322-12 et suivants du code du sport, issus de l’arrêté du 28 février 2008, en fixent le contenu : plan d’ensemble des installations, postes de surveillance, matériel de sauvetage, stockage des produits chimiques, accès des secours. Un extrait doit être affiché dans un lieu visible de tous, en bordure des bassins, les consignes d’alarme restant facilement lisibles. C’est le seul critère de forme que le texte donne. Le reste se joue en commission de sécurité.
Ce que le code de la santé publique ajoute
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La partie sanitaire est bien plus bavarde, et c’est elle qui remplit le hall. Quatre obligations, vérifiées sur Légifrance au 19/08/2026.
- La fréquentation maximale instantanée et la fréquentation maximale journalière, fixées par la personne responsable et affichées à l’entrée de la piscine (article D1332-7 du code de la santé publique).
- Pour un bain à remous, sa propre fréquentation maximale instantanée, affichée à proximité du bassin, avec la durée d’utilisation recommandée de 15 minutes.
- Les derniers résultats d’analyses et les conclusions sanitaires de l’agence régionale de santé, affichés de manière visible pour les usagers (article D1332-10).
- L’information des baigneurs sur la douche savonnée avant l’accès au bassin, « par tout moyen », et la signalisation de la zone de chevauchement entre zones chaussées et zones déchaussées pour les établissements ouverts depuis le 1er janvier 2022 (article D1332-8).
La dernière ligne est la plus jeune du lot et la plus oubliée. Elle ne réclame pas un panneau, mais que la limite pieds nus soit signalée. On la traite au sol, en marquage adhésif, pas en plaque murale que personne ne regarde en sortant du vestiaire.
Profondeurs et plongeon interdit : aucun article ne les cite
C’est la surprise de chaque relevé. Ni le code du sport ni le code de la santé publique ne disent que la profondeur doit être marquée sur la plage, ni qu’un panneau plongeon interdit doit exister. Ces deux affichages viennent de la série de normes NF EN 15288 sur les exigences de sécurité des piscines, et du règlement intérieur que l’exploitant rédige lui-même.
Autant dire ce qu’un panneau ne fait pas. Il ne crée aucune obligation par lui-même : il rend opposable une règle qui existe déjà dans le règlement intérieur. Il ne vaut pas décharge de responsabilité. Un plongeon interdit vissé au-dessus d’un bassin de 1,10 m ne transforme pas un défaut de surveillance en faute du baigneur. Sur un dossier litigieux, c’est un avocat qu’il faut consulter.
| Affichage | Ce qui l’impose | Où, précisément |
|---|---|---|
| Diplômes et titres des surveillants | Code du sport, art. D322-17 | Lieu visible de tous, en pratique le hall |
| Extrait du POSS et consignes d’alarme | Code du sport, art. A322-12 et suivants | Lieu visible de tous, notamment en bordure des bassins |
| Fréquentation maximale instantanée et journalière | Code de la santé publique, art. D1332-7 | À l’entrée de la piscine |
| Résultats d’analyses et conclusions de l’ARS | Code de la santé publique, art. D1332-10 | Visible pour les usagers |
| Douche savonnée, limite chaussé / déchaussé | Code de la santé publique, art. D1332-8 | Avant l’accès au bassin, sur la zone de chevauchement |
| Profondeurs, plongeon interdit, jeux interdits | Règlement intérieur, série NF EN 15288 | Bord de bassin, vestiaires, entrée |
Les supports, vus de l’atelier
Un hall de piscine couverte, c’est de l’air à 28 degrés chargé de chloramines, de la condensation sur les parois froides, et souvent une verrière qui envoie du plein soleil sur un seul mur. Le bassin extérieur ajoute le gel et le nettoyeur haute pression. Trois environnements dans le même établissement, trois choix de support.
Le PVC expansé, on le refuse au bord d’un bassin couvert : il boit par les chants, se voile en longueur dès qu’il monte en température, et le blanc tire vers le jaune en deux saisons. L’alu composite pose le même problème autrement, son âme polyéthylène encaissant mal l’humidité quand les chants restent ouverts après découpe.
Ce qui tient, dans l’ordre où on le propose : le polycarbonate compact de 3 mm imprimé au dos, l’encre protégée par l’épaisseur de la matière, pour tout ce qui prend des projections et du produit d’entretien. Le stratifié bicouche gravé pour les petits formats, parce qu’une gravure ne s’efface pas. L’aluminium plein 2 mm thermolaqué en extérieur, imprimé en encres UV et laminé. Et de la vitrophanie en film polymère coulé sur les baies du hall pour les consignes d’hygiène, marouflée à la raclette feutre sur verre dégraissé.
La visserie compte autant que le panneau : en atmosphère chlorée on passe en inox A4, sur entretoises. Une vis acier zinguée laisse une coulure de rouille sur un mur blanc en un hiver. Pour les plages, on reste sur de l’adhésif de sol antidérapant, sujet déjà détaillé pour les terrasses et les abords de bassin en ERP.
Reste le panneau des surveillants. Son contenu changeant chaque saison, on ne le réimprime pas en entier : cadre alu à glissière, plaque gravée pour l’en-tête, feuillet interchangeable derrière une fenêtre polycarbonate. Même logique que pour les règlements intérieurs de salle de sport et d’espace bien-être, où les horaires bougent aussi vite.
Ce qu’on nous demande et qu’on refuse
La demande la plus fréquente, c’est la feuille A4 plastifiée. Le règlement intérieur sort de l’imprimante de bureau, passe à la plastifieuse, finit scotché à la porte du vestiaire. Trois semaines plus tard la vapeur est entrée par les bords, le film cloque, l’encre a bavé. Une pochette de plastification n’est étanche sur aucun de ses quatre chants, et une encre à colorant n’a pas de tenue aux UV. Devant une commission, un panneau qu’on ne lit plus pèse autant qu’un panneau absent.
Deuxième refus : coller la plaque sur le carrelage émaillé de la plage, en double face. La surface est mouillée en permanence, la mousse acrylique perd sa prise à la première montée en température du bassin, et la plaque tombe côté baigneurs. On perce et on cheville, ou on pose sur potelet.
Un panneau baignade non surveillée suffit-il à dégager l’exploitant ?
Non. L’affichage informe et rend une consigne opposable, il ne transfère pas la responsabilité. Dans un établissement de baignade d’accès payant, la surveillance par du personnel qualifié pendant les heures d’ouverture reste l’obligation de fond. Sur un cas précis, la réponse relève d’un conseil juridique, pas d’un atelier.
Combien de temps tient un panneau au bord d’un bassin couvert ?
Sur alu ou polycarbonate imprimé en encres UV et laminé, on annonce 5 à 7 ans de lisibilité en intérieur chloré, moins sous une verrière plein sud. Une gravure sur stratifié bicouche tient au-delà sans perte de contraste. Un tirage plastifié se compte en semaines.
Faut-il afficher les profondeurs en chiffres ou en pictogrammes ?
Les deux ensemble. Un chiffre seul se lit mal depuis l’eau, un pictogramme seul ne donne pas la valeur. La pratique courante consiste à marquer la profondeur à chaque variation de pente du radier, lisible depuis le bord comme depuis le bassin, avec le pictogramme normalisé de plongeon interdit sur les zones où il s’applique.
Une piscine à remettre à niveau avant la rentrée ? Envoyez le plan des bassins et une photo de chaque panneau existant à contact@appliquesarl.com. On renvoie un relevé poste par poste, le support proposé pour chaque zone et un devis chiffré, balisage des points de rassemblement compris.
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