Ce que dit exactement la réglementation
Le point de rassemblement n’est pas une bonne pratique facultative. C’est une obligation réglementaire pour les établissements recevant du public (ERP) et les installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Le Code du travail, via l’article R4227-28 sur la prévention incendie, impose que tout lieu de travail dispose d’un ou plusieurs points de rassemblement clairement identifiés, accessibles et signalés.
Pour les ERP, le règlement de sécurité ERP (arrêté du 25 juin 1980 et ses modifications successives) précise les obligations d’évacuation et de rassemblement selon le type et la catégorie d’établissement. Pour les ICPE soumises à autorisation ou à enregistrement, les arrêtés de prescriptions générales peuvent aller plus loin et imposer des dispositions spécifiques de rassemblement en cas de déclenchement du plan d’urgence interne.
La norme ISO 7010 E007 : un panneau précis
Le pictogramme réglementaire du point de rassemblement est défini par la norme NF EN ISO 7010, référence E007. Il représente un groupe de personnes sous une flèche pointant vers le bas, sur fond vert. Ce pictogramme est normalisé : ses proportions, ses couleurs (vert Pantone 355 ou équivalent RAL 6032) et ses formes ne se modifient pas librement.
Un panneau avec un pictogramme approchant mais différent (personnages légèrement redessinés, fond d’un vert différent, flèche stylisée) n’est pas conforme à la norme ISO 7010. Lors d’une visite de la commission de sécurité ou d’une inspection DREAL, cette non-conformité peut être relevée et entraîner une mise en demeure.
On voit encore régulièrement des établissements qui utilisent des panneaux issus d’anciens référentiels nationaux, parfois avec une simple mention textuelle « Point de rassemblement » sans pictogramme normalisé. Ces panneaux sont à remplacer.
Où placer le panneau : les critères réglementaires
La réglementation ne fixe pas une hauteur unique et universelle, mais précise que le panneau doit être visible depuis les issues de secours et lisible à la distance à laquelle les personnes évacuées se regroupent. En pratique, les règles de lisibilité ISO définissent une hauteur de panneau minimum en fonction de la distance d’observation.
Pour un point de rassemblement visible à 20 mètres, un panneau de 200×200 mm est insuffisant. À 20 mètres, il faut un format d’au moins 400×400 mm pour que le pictogramme soit lisible par une personne avec une acuité visuelle standard. Pour un site industriel ou un grand ERP où les personnes évacuées peuvent se trouver à 40 ou 50 mètres du panneau, des formats 600×600 mm ou plus sont nécessaires.
Le panneau doit être fixé à une hauteur permettant sa visibilité par-dessus les flux de personnes évacuées. La pratique courante est une fixation entre 2 et 2,5 mètres du sol, parfois sur un totem ou un mât si aucun support mural n’est disponible à l’emplacement choisi.
L’emplacement du point lui-même
Un aspect que la signalétique ne résout pas seul : le point de rassemblement doit être physiquement adapté. Il doit être situé hors des voies d’accès des secours (pompiers, SAMU), à distance suffisante du bâtiment pour ne pas exposer les personnes évacuées à un effondrement ou à la propagation du sinistre, et suffisamment vaste pour accueillir l’ensemble du personnel ou des occupants de l’établissement.
Choisir un point de rassemblement dans le parking principal de l’établissement est une erreur fréquente : les services de secours en ont besoin pour manœuvrer et ils demandent systématiquement aux groupes de se déplacer, ce qui génère de la confusion en situation d’urgence réelle.
Idée reçue : un panneau posé une fois suffit pour toujours
Les panneaux de point de rassemblement sont soumis aux mêmes contraintes que toute signalétique extérieure : UV, intempéries, chocs. Un panneau en PVC expansé posé il y a 8 ans en plein sud peut être jauni, microfissuré et illisible à la distance réglementaire. Un panneau en vinyle autocollant sur panneau bois peut s’être décollé aux bords ou avoir perdu son contraste.
La commission de sécurité lors d’une visite périodique vérifie non seulement la présence du panneau mais aussi son état et sa lisibilité. Un panneau dégradé est un point de non-conformité au même titre qu’un panneau absent.
Pour une durabilité sans entretien, on recommande l’aluminium dibond avec impression UV laminée, ou l’aluminium anodisé gravé. Ces supports tiennent 10 à 15 ans en extérieur exposé sans dégradation significative.
Les totems et mâts : quand il n’y a pas de mur disponible
Sur les sites industriels à ciel ouvert, les parkings d’entreprise ou les zones logistiques, il n’y a souvent aucun mur disponible à proximité du point de rassemblement. On fabrique dans ce cas des totems signalétiques sur mât, avec platine de scellement ou platine de fixation au sol selon la configuration. Le panneau E007 est fixé en tête de mât à la hauteur souhaitée, avec un contrecollage au dos si le panneau est visible des deux côtés.
Pour les sites avec plusieurs zones de rassemblement (bâtiments distincts, zones d’activité séparées), on peut numéroter les points (PA1, PA2) avec une cohérence entre le plan d’évacuation affiché dans les locaux et la signalétique extérieure.
Mise en conformité et fabrication
Si vous devez remettre à niveau votre signalétique de rassemblement avant une visite de la commission de sécurité ou une inspection, les délais de fabrication sont courts : un panneau standard en aluminium dibond sort de l’atelier en 3 à 5 jours ouvrés. Pour les totems avec mât et platine, comptez une semaine supplémentaire pour la fabrication de la structure.
On intervient pour la pose sur site dans le secteur de Montpellier et ses environs. Pour un devis ou un diagnostic de conformité de votre signalétique actuelle, contactez-nous à contact@appliquesarl.com.









